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Reco série : Adolescence

Crédit photo : Netflix, Adolescence

Adolescence est une mini-série dramatique qui raconte l’histoire d’un jeune adolescent de 13 ans, Jamie, accusé du meurtre de Katie, une camarade de son collège. A travers quatre épisodes filmés en long plan séquence d’une heure, les adultes tentent de comprendre les raisons qui ont pu le pousser à commettre ce geste. 

💻 A sa sortie, la série est accessible sur Netflix, en 4 épisodes d’une heure. 

🤩 On a adoré : 

👉 C’est la première série qui aborde la question du masculinisme. Mais c’est quoi exactement ? Le masculinisme est une idéologie sexiste qui postule que l'égalité hommes/femmes serait déjà acquise et que le féminisme irait trop loin. Les femmes auraient trop de pouvoir ce qui provoquerait une crise de la masculinité. Face à cette crise, les hommes devraient donc reconquérir leurs droits et leur pouvoir. 

👉 La série aborde l’omniprésence des discours masculinistes au sein du collège. Une règle étrange est évoquée à plusieurs reprises : la règle des “80-20” ou hypergamie féminine. Il s’agirait d’une règle génétique (et donc incontestable 🤦) selon laquelle 80% des femmes seraient attirées par 20% des hommes. La majorité des hommes doivent donc lutter pour l’amour des femmes en développant leur pouvoir de séduction, leur apparence physique, en travaillant et en gagnant de l’argent (beaucoup d’argent !). 

👉 La série montre les problèmes de confiance en soi à l’adolescence qui touchent aussi bien les garçons comme Jamie que les filles comme la meilleure amie de Katie qui vit très mal son deuil😔 car son amie était la seule personne à la valoriser. 

👉 Elle illustre bien les pressions à être en couple : la popularité au collège en dépend souvent ! Si un garçon n’est pas en couple, il est soupçonné d’être homosexuel ou faible, tandis qu’une fille qui souhaite avoir une vie sexuelle en dehors d’une relation de  couple établie peut être victime de slut shaming*. Pour ceux qui sont laissés sur le carreau, le mal-être et la tentation de se replier sur soi est très forte😞.

👉 Elle montre le cercle vicieux du masculinisme. Jamie veut seulement être aimé 💔. Mais les discours masculinistes en ligne transforment la frustration ressentie par certains garçons qui pensent ne pas plaire, en haine viscérale des femmes. Ils les rassurent : “s’ils ne séduisent pas les filles, c’est simplement car ils sont trop gentils ! Les filles, malgré ce qu’elles disent, n’aiment pas les garçons qui les respectent…”. Leur public est donc plongé dans un cercle vicieux ⭕ avec tout un tas de faux conseils pour s’affirmer face aux femmes, considérées comme seules responsables de leur mal être. Ces conseils véhiculent une vision des femmes réduites à des êtres pervers et calculateurs, et invitent à répliquer en faisant montre d’une violence verbale, psychologique voire physique à leur égard. Ainsi, en suivant les masculinistes sur les réseaux, Jamie se fait détester des filles dont Katie qu’il souhaitait pourtant séduire. Le féminicide* qu’il commet l’éloigne aussi de sa famille 👪, qui subit directement les conséquences de son acte. 

💭 Les autres thèmes abordés :

👉 On constate que Katie est victime de cyberviolences sexistes et sexuelles alors qu’un garçon à qui elle a fait confiance partage des photos dénudées d’elle aux autres garçons du collège, dont Jamie. Elle est alors victime de slut shaming*

👉 La série parle du harcèlement scolaire dont est victime le fils de l’inspecteur de police, mais aussi Jamie lui-même. On apprend que Katie se venge de ce qu’elle a subi en lançant à son tour une vague de harcèlement sur Jamie en le traitant d’incel*.

👉 La série évoque aussi les difficultés des relations père-fils. Les jeunes garçons semblent en proie à un fort mal-être : ils ont l’impression de ne pas rendre fier leur père et souffrent d’un manque de communication et de présence paternelle. Elle développe pourtant des portraits de pères nuancés et touchants qui tentent de bien faire. Pris par leurs contraintes professionnelles et leur difficulté à exprimer leurs sentiments, ils ressentent une forte culpabilité😥.

👎 Ce qui nous a manqué :

👉 On aimerait avoir davantage de points de vue féminins dans la série, et on espère qu’une saison 2 pourra développer la vie de la victime avant l’acte, ou le point de vue et les conséquences sur sa famille. 

 

*Incel : terme désignant les célibataires involontaires, qui n’arrivent pas à séduire et développent une haine des femmes.

*Slutshaming : le fait de stigmatiser, culpabiliser toute femme dont le comportement ou l’aspect physique sont jugés provocants ou trop sexuels.

*Féminicide : meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme, en raison de son genre.

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